Huit jours et mes nuits

Mots, virgules, points, errance et plaisirs, fumée de Décembre, et Amours, l’errant sème, mais il partage, peintures des maux, du pinceau et de ses états d’âme.

Amour

essai photos numériques 114

Pour quelques gerbes bleus
Les gouttes rouges de pavots
Des coquelicots noirs et des
Bleuets fanés, de désirs
Sans repentir, d’élans
Sans remords, je t’aime
De l’odeur d’aubépine
En fleurs, De lilas pas nés
Nos premiers baisers
De tes longs cils
Comme des épis
D’éclats de rire et
De jambes infinies
Je t’aime.

Pour l’immersion
Dans tes paupières
Allumées
Conquête de jour
Mystère d’éternité
D’un corps velours
Jusqu’au matin
Je t’aime

Pour tes cheveux
Riches et noirs torrents
Je t’aime

Pour ta frange
Ton parfum
Ton incertitude
Le charme du tard
Je t’aime

Pour ton cri
Ta larme
Le pli de l’herbe
Dans les rives de la terre
Je t’aime. Pour l’ombre
Et le vent, de la sève
Qui m’inonde, je t’aime

L’irraisonnée balançoire

At de peinture (1)

 

D’avant en avant,
D’arrière en avant,
De l’avant vers le Levant
Comme un oiseau remué
De vols inclinés
Sans intention particulière
D’ailes d’ange
D’échafaudages
L’apesanteur
Sonde l’âme
Le sol monte
Descends les jambes
Et des champs étendus
L’attente de l’herbe continue
Dans l’appel du nuage
Il ne reste qu’une empreinte

Les coquilles d’escargots

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Les coquilles d’escargots après la visite de la pluie ne sont que galets arrondis.

D’enivrantes promesses et parfois de sombres souvenirs, ne pas muer, ne pas s’éparpiller, ce sont les charnelles ivresses qui font les belles caresses, on s’imprègne de distance pour en apprécier la courbure, il n’y a que le goût du désespoir sur le fil du rasoir lorsqu’on se laisse envahir par les papillons noirs, d’un cœur brisé dans le désarroi pour des paroles éphémères, il y a aussi un lendemain.

Sourd, n’est que celui qui ne veut pas entendre, le rechignant des collines, des lettres au rebord tranchant pour une incompréhension, un détournement, le mot guillotiné, et l’horizon se rétrécit.

L’horrible pensée ronge le cerveau, du bleu au noir, l’on s’affaisse. Le train d’ondes dans l’âcreté des fumées, le repli devient souffrance, devient sécheresse de lunes lézardées. L’on étouffe son cœur dans la désespérance.

L’on gante l’ombre d’un futur insolent. Le pardon s’écorce dans le croisé des eaux, et de journées solitaires, l’on fait son sinistre compagnon.

Le pardon se veut zélé, lorsque l’âme est blessée, comme une trajectoire de mal sens, l’entaille sourde souffre dans le roncier de cette implacable lame, d’un silence infernal.

L’on entend le chuintement de vague acheminé dans ce désarroi immense, la nuit qui avance.

- Pardon.
- J’entends !
- Pardon…

D’Avoir Osé.

essai photos numériques 111

 

À la couche la plus haute de l’atmosphère, là où l’azote glacé scintille, elle sera la compagne transparente. Sérénité douloureuse d’un masque en forme de sourire, qu’un sanglot étrangle.

Il n’y a de conquérant sans effort, sans blessures, d’un non désuet, le désabusé, ne ressent ni le calme olympien, ni la fade quiétude, et de son désir de plaisir il ne reste qu’amertume.

De cette perpétuelle vie d’errance, il est temps de voir mûrir les fruits de Mai, et de seins ronds sentir la fermeté.

Pour un pied menu posé, il faut se présenter, racontez la vie et les rires, les écrits, les vérités et taire les
mensonges, créez l’unité. Il se dit douceur, il dit tendresse, l’amour n’est pas que faiblesse, pas que détresse, il y a aussi de l’allégresse, et pour un bonheur merveilleux, il faut la puissance d’un Dieu.

L’irraisonnée pulsion d’un lendemain. Il n’y a de paix sereine, que sur la peau soyeuse de la plus belle reine.

De particules éclatées, que dans l’éternité. D’un souffle propice, le silence se fait complice, d’avoir osé sous la voûte étoilée, elle se donnera amourachée.

D’Avoir Osée.

Encore demain, et demain, et demain

Elle allait, légère et court vêtue, dans l’allée

Essence intemporelle de sa nature frivole

D’une bucolique candeur, elle était drapée

Une composition pour le dandy que j’étais

Sa lèvre mi-close, j’y lisais à livre ouvert

Citadelle rouge aux lèvres entrouvertes

Sur la terre battue par le vent, son ombre

Ses grands yeux gourmands me charmèrent

Je la sentais, errer d’une influence secrète

Et de mon insondable patience des jours

Je savais qu’elle reviendrait d’ici, demain

 

Elle allait, légère et court vêtue, dans l’allée

Son astre en naissant, me l’avait formé Déesse

Je sentais sur ma langue, nos embruns salés

Captive d’une témérité d’instants renouvelés

De l’incolore silence de sa douce liberté

C’était trivial de ma part de ne pas renoncer

Dans le délicat voyage du temps, d’une bise

Noblesse, grandeur, éclat, d’une cour unie

Délits romantiques, d’un langage poétique

L’espace ainsi défini me rendait son baiser

Infini. Tous les demains de la Terre ne

Sauraient nous réunir, j’étais mort depuis

Longtemps, elle traversait l’allée du Mail

Elle m’envoyait ainsi son baiser, qui me

Hantait et s’évanouissait, le temps d’un

Demain

Le différent

Les mots et le silence comme le temps polissent le galet de chair, le verbe polit la souffrance. Les excédents de douleurs qui font du différent, la victime quotidienne.

On arrache celui-ci à sa terre, de maux provisoires qui désarment ou de larmes secrètes qui désarment. Nos chemins le portent vers un endroit différent, un espace de l’entre-deux, une confusion de la nature, où se mêlent nos sentiments contradictoires, chacun lui faisant porter un masque différent, le poussant dans l’immobile de l’exil.

Contraste entre les couleurs, entre le chaud et le froid, la solitude et le transport. Ainsi, sur le jeu de nos images personnelles, on laisse entrevoir l’égarement du personnage, on échappe ainsi au rationnel du jour resplendissant, on oppose une nuit assiégée. Ce n’est plus le fruit d’un choix, mais une imposition.

Le différent, devient néant. Souffrances d’intérieur, ancrées dans le terroir du bien pensant.

Qui sommes-nous, pour juger l’autre sur sa couleur sur ses actes, ou sur son handicap ?

À vouloir mêler nos voix à celles des autres, nous créons une terre étrangère, inhospitalière, le basculement dans l’idée d’un rapport de force.

La création engendre la libération de l’esprit, et se traduit par l’épanchement des sens. Il faut au contraire que l’appel soit vibrant pour le différent, pour qu’il soit nous, que serait ce Monde en ce siècle de la communication.

Pour qu’il y ait une avancée, il faut qu’on se voie mieux soi-même à partir d’une terre étrangère, d’un endroit qui ne nous soit pas familier.

Il faut que notre recherche soit ludique, sans pour autant rejeter nos engagements sociaux et culturels. Si le paradis terrestre doit être source d’extase et de bonheur, il doit l’être pour tous.

Les vents

J’étais insoucieux dans le clappement furieux des marées.

La symbolique de son épanouissement était la même que l’ombre turquoise d’une flamme qui s’éteint, je me sentais pris par les criards qui me clouaient au poteau.

C’était ma crise existentielle.

Parfois sourds, souvent tonitruants, c’était l’angoisse perpétuelle du retour. Je vaquais, mine de rien.

Parfois, ils étaient légers comme un bouchon, ils roulaient entre les montagnes, sourds, mais surins, sous l’œil narquois, mais le nez retroussé des compagnons d’infortune. C’est d’un inaccessible lointain, que les sanglots qui étaient miens retentissaient, et je m’affolais des rafales de complaintes hantées.

Les rouleurs pénétraient mon sujet, de bises pleurantes dispersant mes humeurs aux quatre vents. Je balayais ainsi les plaines, délires fermentés de rousseurs amères. Je portais ainsi ma croix, dans le cimetière étroit, crevant ainsi l’espace de coups de tonnerre d’un tapage inquiétant et de tourbillons accablés.

On faucherait des vies pour moins.

J’ai vu l’homme taché d’horreurs mystiques, la femme dans le teint jaune, presque hystérique se haussait à l’assaut des plafonds, libérer tous des torsades de mes serpents. J’étais vulnérable dans mon destin, voire même terrassé de mes lunes à peine éclairées, les vents étaient contemplatifs, j’étais devenu le penseur et eux, les otages de mes tourments.

Au huitième étage, j’étais seul, dans l’ascenseur.

Que garderont-ils de cette expérience, que la circulation de sèves inouïes, le temps d’un instant, le temps d’une éternité.

De secondes qui s’éclatent

essai photos numériques 054

 

Gloire et martyre du frivole, d’alliance d’un breuvage strié de mots, tu seras mienne.

Fille du rire agile, tu seras l’écrin de mon il.

J’aime le jeu doré de la goutte, je dis oui, à la fleur de l’eau, à l’impérissable tempête de tes propos. Sceau de fortune dans des promesses saines, brillante, enjouée, vif et changeant, la sagesse s’enracine parfois dans le fragile, de secondes qui s’éclatent, essaim de petites bulles, claires et inutiles, de riens, expédition commune de mi-chemin j’aime la danse des mains entre mes reins.

Du miroir nacré et des flots irisés, la raison se veut légère, la main a besoin de netteté de rondeurs et de lubricité.

Pas un vague désir qui apparaît puis disparaît, non, le regard se trempe et enfièvre-les peaux.

Il faut naître, se défaire pour renaître dans de palpitants battements de rêves de confort pour des envolées légères et voluptueuses.

Pour d’infimes rides aux coins de tes yeux une écumeuse marée dans le bleu d’azur, on s’octroie les vagues dans un ouragan éperdu.

Demain

Le son du vent claque les fenêtres de ma maison
J’engrange les aurores, pour traverser les jours
De combien d’amours, t’ai-je quitté si loin
Il me faudra dénicher sous les gravats, l’étourdi
Parce qu’il n’y a que lorsque je suis en toi
Que le soleil devient toute mon harmonie

Reviens, j’étais errant, un peu perdu, paumé
D’une brûlure qui surprend les vécus d’avant
Les galets se sont polis, dans mon attente
Même le chat, guette, immobile le passage
Le dormeur s’éveille, de la richesse d’un visage
J’arpente la marge, d’une vie évaporée, reviens.

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